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Véronique Salman, psychanalyste
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La FIERTÉ une connexion avec soi
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Conquête de la dune Big Daddy, dans le désert du Dead Vlei en Namibie. Trois heures m'ont été nécessaires pour savourer un triomphe tout personnel.
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Fierté intime, joie intense
Vous connaissez cette phrase de Friedrich Nietzsche, dans Le Gai Savoir (1882, paru sous le titre Die fröhliche Wissenschaft, froh signifiant joie) ?
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Ce dont nous avons le plus de raisons d’être fiers, c’est d’avoir surmonté quelque chose.
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Si je vous propose d'étudier ce mois-ci la notion de fierté, c'est que je voudrais vous la présenter autrement que sous la forme d'arrogance, d'orgueil ou de sentiment de supériorité. La fierté ne se résume pas à l'expression "être fier comme Artaban".
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Cette expression renvoie à une fierté ostentatoire, presque théâtrale. Elle évoque une attitude visible, affichée, parfois excessive, où la personne donne à voir sa valeur, sa supériorité ou son assurance. Dans l’usage courant, cette formule désigne une fierté tournée vers l’extérieur, liée au regard de l’Autre, proche de ce que la tradition philosophique assimile à l’orgueil.
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La fierté peut être démonstrative, dans une quête frénétique de reconnaissance. Elle s’appuie sur des signes visibles, des paroles affirmatives, parfois une posture de certitude. Elle peut masquer une fragilité narcissique, dans la mesure où elle dépend fortement de la validation extérieure.
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La fierté intériorisée, elle, se construit à partir d’un travail psychique. Elle apparaît lorsque la personne reconnaît ce qu’elle a traversé, transformé et créé. Cette fierté s’inscrit dans une continuité avec soi-même. Elle agence un socle intérieur.
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Ainsi, la fierté devient un indicateur de subjectivation. Elle témoigne que la personne s’est approprié son expérience. Elle n’est plus seulement traversée par les événements, elle en devient l’auteur. Ce déplacement est central car il permet de comprendre que la fierté n’est pas un simple trait de caractère, encore moins une attitude sociale. Elle correspond bel et bien à un effet d’élaboration intérieure.
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La psychanalyse est un acte de création. Son objectif est de rendre fier l'analysant qui s'y est adonné le temps nécessaire. La fierté devient l’aboutissement d’un processus de transformation fondamentale, parfois lent, parfois chaotique.
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Surmonter participe de la fierté
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Surmonter une difficulté transforme la manière dont une personne se perçoit. La fierté apparaît souvent à l’instant précis où quelqu’un découvre qu’il peut dépasser une épreuve qui lui semblait difficile. Cette expérience se rencontre très tôt dans la vie.
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Imaginons un enfant de six ou sept ans qui se réveille au milieu de la nuit, envahi par ses terreurs nocturnes. Habituellement, il appelle ses parents. Il sent pourtant que leur empressement des débuts, à venir le réconforter, s’émousse. Cette fois, il décide de rester dans son lit. Seul, il traverse cet inconfort jusqu’à se rendormir.
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Le lendemain matin, quelque chose en lui a changé. L’enfant ne s’est pas contenté d’avoir permis une nuit plus calme pour toute la maisonnée. Il se découvre capable de maîtriser ses peurs. Il constate qu’il ne s’est pas désintégré, qu’aucun drame n’est survenu.
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Cette expérience produit un sentiment discret et puissant. La fierté d’avoir surmonté seul quelque chose d’important et d’avoir, de fait, grandi.
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C’est bien l’organisation psychique elle-même qui s’en trouve modifiée. L’enfant ne se vit plus tout à fait de la même manière puisqu’il découvre possible de sortir de sa dépendance immédiate à l’Autre. Une première forme d’appui interne apparaît. La continuité de soi commence à se construire. Ce moment constitue un appui fondamental pour la construction narcissique.
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Un nouveau sentiment de soi
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Les difficultés transforment en profondeur la représentation que la personne a d’elle-même. Il ne s’agit pas seulement d’un événement réussi ou d’un souvenir valorisant. Un nouveau sentiment de soi s’inscrit durablement. Il vient modifier, presque à bas bruit, l’idée que la personne se fait de ses propres capacités. Elle se sent en évolution.
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La fierté apparaît à cet endroit précis, dans ce ressenti d’évolution personnelle. Elle ne provient pas d’un regard extérieur ni d’un compliment reçu. Elle naît d’une expérience intérieure, intime, souvent sans témoin. La personne se rencontre elle-même dans un moment de dépassement. Elle découvre qu’elle peut contenir ce qui, jusque-là, débordait et le rendre désormais maîtrisable.
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Cette expérience n’a pas d’âge. Elle peut survenir à tout moment de la vie. Le travail psychique engagé mobilise des ressources internes qu’un cadre favorable, comme celui de la psychanalyse, permet de soutenir. Une excitation brute et envahissante devient alors supportable, puis pensable.
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Ce que cette expérience enseigne est décisif. L’angoisse peut être contenue de l’intérieur. Elle s’accompagne d’un éprouvé de solidité nouvelle. Cette solidité ne tient pas à la disparition de la peur. Elle tient à la capacité à la traverser.
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La fierté prend alors une valeur structurante. Elle devient un repère intérieur. Elle soutient la confiance et ouvre la possibilité de s’avancer à nouveau vers l’inconnu.
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Grandir s’inscrit dans ces expériences souvent discrètes. Elles passent inaperçues. Elles organisent pourtant, durablement, le rapport que la personne entretient avec elle-même.
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Faut-il des épreuves pour être fier(ère) de soi ?
Certaines personnes associent spontanément la fierté à ce qu'elle a coûté pour la ressentir. Comme si la valeur personnelle se mesurait à l’intensité de l’effort, à la difficulté traversée, à la capacité à tenir malgré tout. D’autres, au contraire, avancent et même réussissent en maintenant une forme d'insatisfaction permanente. Problème de légitimité, d'estime de soi, de capacité à évaluer le résultat... Les causes de ce décalage de perception sont nombreuses.
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En séance, une nouvelle patiente m'évoque la promotion qu’elle vient d’obtenir et je note immédiatement la minimisation qu'elle en fait. Une espèce de non-événement. Elle en parle rapidement et ajoute même qu’elle n’a “rien fait d’extraordinaire” et que cette promotion est attribuée à l'ancienneté.
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En revanche, et c'est justement ce qui me donne un indice important, cette femme revient longuement sur une période plus ancienne, marquée par un surmenage intense. Cette fois, l'épisode est amplement décrit et j'y décèle une pointe de fierté. Ce contraste m'intrigue et je le signale.
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Ma patiente s'inscrit, en effet, dans le schéma classique d'une reproduction de dévalorisation qu'elle a engrammé (l'engramme est une trace mémorielle enregistrée par le cerveau) depuis sa plus tendre enfance. Je sais, d'ores et déjà, que nous devrons travailler ensemble sur une déprogrammation du conditionnement à incarner par habitude cette personne de peu de valeur. Mon concept de la Trilogie inconsciente, qui consiste à normaliser et donc reproduire, ce qui a fait souffrir dans l'enfance (pour ne plus en souffrir), me servira d'axe thérapeutique.
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Le propos montre surtout que la fierté ne dépend pas seulement de ce qui est accompli mais de la manière dont l’effort s’inscrit dans une histoire intérieure. Ce type de décalage ne tient pas uniquement aux situations vécues. Il s’enracine dans des mécanismes plus profonds, souvent anciens, qui orientent notre manière de nous juger, de nous évaluer, de nous reconnaître.
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La manière dont une personne traverse une difficulté s’inscrit dans des dynamiques intérieures que la psychanalyse et la psychologie adorent explorer, notamment à travers l’étude des scenarii répétitifs. L’une des grilles de lecture les plus éclairantes des schémas conditionnés en nous a été proposée par Éric Berne, puis développée par Taibi Kahler.
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L'approche de ces deux immenses contributeurs à l'Analyse transactionnelle montre que nous intériorisons très tôt des messages implicites qui orientent notre manière d’agir. Ces consignes psychiques, appelées Drivers, fonctionnent comme des appuis internes. Elles influencent nos comportements de façon à la fois discrète et constante.
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Ces Drivers se construisent dans l’enfance, au sein même du système familial, comme des réponses d’adaptation. L’enfant perçoit ce qui est attendu de lui, ce qui est valorisé ou pas, ce qui permet de maintenir le lien ou d’éviter une tension. Il ajuste alors son comportement et en tire une forme de règle intérieure.
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Avec le temps, ces règles s’installent. Elles deviennent des manières d’être. Elles soutiennent des compétences réelles. Elles peuvent aussi orienter la personne vers des réponses répétitives, parfois au détriment de ce qu’elle ressent.
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Cinq Drivers majeurs apparaissent de manière récurrente : Fais plaisir, Fais des efforts, Fais vite, Sois parfait et, pour ce qui nous concerne aujourd'hui, Sois fort. Celui-ci apparaît de manière particulièrement directe dans la capacité à surmonter une difficulté.
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Le Sois fort valorise la tenue, la résistance, la capacité à faire face et agir malgré le doute, la peur ou les difficultés. Je dis souvent qu'un enfant est programmé pour s'adapter, même au pire. Il apprend à contenir ce qui le traverse, à ne pas se laisser déborder, à continuer malgré les défaillances parentales qui je cite dans mon prochain livre "Grandir" :
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Mes observations de psychanalyste continuent. Dans mes précédents ouvrages, nous en étions restés, vous et moi, à faire l’inventaire des multiples situations engendrées par l’ignorance, l’indigence, l’indifférence même, l’arrogance souvent, de vos parents à votre égard. Vous ont peut-être été infligés leurs abus d’autorité, délaissements, dépressions, humeurs cyclothymiques, burn-out familiaux ou professionnels, tendances à l’hypercontrôle, absences, inconsistances, fâcheries en continu, jalousies immodérées, divorces mal digérés, addictions diverses, dissensions familiales, maltraitances caractérisées ou plus feutrées…
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Si cette aptitude de l'enfant, à supporter ces défaillances parentales, se forge par son histoire, elle peut devenir une ressource durable. Ici, surmonter relève de la persévérance et de la solidité intérieure à affronter des situations exigeantes.
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Avec le temps, cette manière de fonctionner peut s’installer définitivement. La personne ne se vit plus comme faisant un effort. Elle se vit comme quelqu’un de solide. Elle avance, elle assume, elle encaisse.
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C'est précisément lorsqu'elle prend conscience de l'ampleur de ce qu'elle finit par encaisser régulièrement, que parler d'abus est justifié. L'Être humain est fondé à réfléchir au sens qu'il, donne à la serviabilité, à ce qu'il ne faut plus appeler persévérance mais entêtement. Il est dominé par un trop grand Sois fort stimulé par trop d'abus de lui-même, trop d'abus d'autrui. Le temps d'un changement advient.
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En effet, le bon signal d'alerte se manifeste quand le Sois fort devient une référence dominante et incontournable et qu'il ne se contente plus de soutenir les efforts. Il les exige, il les organise. La personne continue à tenir, parfois sans interroger ce qu’elle traverse. Elle tolère tout, absorbe tout et se maintient. Or, le risque ne tient jamais à la capacité à faire face. Il tient à l’absence de limite.
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Tenir ! Tenir peut devenir une manière de ne plus ressentir et surmonter fait cesser le dialogue intérieur. Sans discernement, l’effort disparaît du champ de la conscience, alors même qu’il reste engagé en permanence.
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Dans certaines configurations, ce fonctionnement peut nous conduire à accepter ce qui entame notre intégrité. Nous risquons de supporter des situations déséquilibrées, des exigences excessives, et nous y répondons en nous appuyant sur l'habitude d'une injonction ancienne.
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Un Sois fort rigidifié pousse à dépasser les limites sans les percevoir. Il installe une tension continue, parfois au prix d’un appauvrissement du ressenti.
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Pour que cela n'arrive pas, un Sois fort ajusté permet de traverser toute épreuve en restant en lien avec ce qui se vit intérieurement. L'expérience de solidité doit impérativement s’accompagner d’une perception claire des limites. Il en va d'un rapport plus ajusté à soi.
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Et si vous aviez envie d'en avoir le coeur net ? Je vous propose de faire un test de personnalité centré sur les Drivers. Avec celui qui nous occupe aujourd'hui, le Sois fort, vous en aurez quatre autres !
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Pour que votre test soit parfaitement sincère, ne lisez pas ce qui suit. Cliquez d'abord sur le bouton ci-dessous pour y accéder. Répondez spontanément aux questions dans l’onglet Questionnaire. Une fois terminé, rendez-vous dans l’onglet Résultats. Vos scores apparaîtront automatiquement.
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Comment lire vos résultats
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Chaque Driver est associé à un score. Ce score ne dit pas qui vous êtes, il indique une tendance, une manière privilégiée de fonctionner, une orientation intérieure qui s’est construite avec le temps.
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Plus le score est élevé, plus le Driver est actif dans votre manière d’agir. Dans bien des cas, plusieurs Drivers coexistent. Ils s’articulent, se renforcent, parfois se compensent. L’intérêt n’est donc pas de se réduire à un seul, mais de comprendre la dynamique d’ensemble.
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- Sois fort : Le Sois fort est ce qui nous préoccupe plus particulièrement aujourd'hui, dans cette Newsletter. Il valorise la tenue, la solidité, la capacité à faire face. La personne avance, elle assume, elle encaisse. Ce Driver soutient une réelle force intérieure. Il permet de traverser des situations exigeantes, parfois éprouvantes, avec stabilité. Il peut aussi conduire à contenir en permanence ce qui se vit. L’émotion est tenue, le ressenti passe au second plan, l’effort devient silencieux. La personne continue à avancer, parfois sans mesurer ce qu’elle supporte réellement. Cette fois, il s'agit de maintenir un lien vivant avec ce qui est éprouvé. La solidité ne perd rien à être habitée.
- Fais plaisir : Fais plaisir oriente la personne vers l’Autre. Elle ajuste, elle anticipe, elle cherche à répondre aux attentes. Le lien est au centre. Cette disposition développe une grande intelligence relationnelle. La personne perçoit finement les besoins, elle sait créer de l’harmonie, elle facilite les interactions. Avec le temps, elle peut s’éloigner d’elle-même. Elle donne beaucoup, parfois sans mesurer ce que cela lui coûte. Elle peut éprouver une difficulté à poser une limite, à affirmer un désaccord, à faire passer son propre besoin. La question devient alors celle de l’équilibre entre le lien à l’Autre et le lien à soi.
- Fais des efforts : Le Fais des efforts construit la valeur dans l’engagement. La personne s’applique, persévère, se mobilise. Elle avance avec sérieux, parfois avec intensité. Ce Driver soutient la ténacité. Il permet de traverser les difficultés en s’appuyant sur une capacité à ne pas lâcher. Il peut aussi installer une forme d’exigence permanente. L’effort devient une norme. Ce qui est simple, fluide, accessible, peut perdre de sa valeur. La personne peut alors s’imposer des contraintes inutiles, comme si la difficulté garantissait la légitimité. L’enjeu consiste à reconnaître que la valeur peut aussi se déployer dans la facilité.
- Fais vite : Le Fais vite pousse à agir. La décision est rapide, le mouvement est engagé, l’action prime. Ce Driver développe une grande réactivité. Il permet d’avancer, de trancher, de saisir les opportunités sans hésitation. Il peut aussi réduire l’espace de réflexion. Tout s’accélère, y compris ce qui nécessiterait d’être posé. La personne peut passer à côté de ce qu’elle ressent ou de ce qui se joue en profondeur. La question devient celle du rythme. Savoir quand avancer vite et quand ralentir.
- Sois parfait : Le Sois parfait oriente vers la précision, la justesse, la maîtrise. La personne cherche à bien faire, à faire juste, à éviter l’erreur. Ce Driver développe rigueur et exigence. Il permet d’atteindre un haut niveau de qualité. Il peut aussi installer une tension intérieure importante. Rien ne semble totalement satisfaisant. Le regard porté sur soi reste exigeant. La personne peut hésiter, retarder, corriger encore, dans une recherche de perfection qui devient difficile à atteindre. Le but consiste à intégrer que la valeur ne dépend pas uniquement de l’absence d’erreur.
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Vos scores mettent en lumière vos appuis et vos automatismes inconscients. Ils permettent de comprendre la base sur laquelle vous vous êtes construits. Ils éclairent la manière dont vous avez appris à vous adapter, à vous protéger, à avancer.
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Ils invitent surtout à une question essentielle : sur quoi repose votre sentiment de valeur aujourd’hui ? Sur l’effort consenti, la capacité à tenir, la reconnaissance de l’Autre, la qualité de ce que vous produisez, la rapidité avec laquelle vous agissez ou sur une relation plus ajustée à vous-même ?
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Ce test ne donne pas une réponse définitive, il est conçu pour vous permettre d'ouvrir un espace de réflexion et, peut-être, contribuer à vous considérer avec une finesse de lecture accrue.
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Les fiertés
Eh oui, nous pouvons aussi parler DES fiertés ! Les fiertés contemporaines, notamment celles portées par les mouvements LGBTQIA+, prennent souvent appui sur des parcours marqués par des expériences intra-familiales d'une violence inouïe de rejet, d’incompréhension et de solitude.
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Pour certaines personnes, les premières tensions apparaissent très tôt, auprès de leurs figures d'attachement. Là où l’enfant cherche à être reconnu dans ce qu’il éprouve par ce qui devrait être son Autre secourable, il peut rencontrer des réponses inadéquates, des silences, des dénégations, parfois des disqualifications directes, frontales, très éprouvantes.
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Ces épreuves laissent des traces. Elles peuvent fragiliser le sentiment de légitimité, altérer l’estime de soi, installer un écart entre le vécu intérieur et ce qui est accueilli à l’extérieur. La personne apprend alors à composer avec cette dissonance, à s’ajuster, à contenir, parfois à se taire. Dans certains cas, elle développe une vigilance particulière à l’égard du lien, avec la crainte d’être rejetée si elle se montre telle qu’elle se vit.
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Dans ce contexte, des mouvements de fierté existent partout dans le monde où les gouvernements ne les considèrent pas comme des déviances. Ils donnent l'opportunité, pour les personnes concernées, de produire en elles un véritable retournement. Ce qui a été tenu à distance, parfois attaqué, devient un point d’affirmation. Elles se réapproprient une part d’elles-mêmes et lui redonnent une valeur. Ce mouvement a une fonction réparatrice réelle.
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La lecture psychanalytique
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Le prisme psychanalytique sur ce sujet apporte un éclairage tout particulier. Sigmund Freud considérait par exemple l'homosexualité comme une variante de la sexualité. Ni plus, ni moins et certainement pas une maladie mentale. Il la rangeait dans les pulsions.
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Concernant le désir de se conformer à l'identité sexuelle que l'on ressent et non forcément à celle qui nous est assignée, la psychanalyse propose que cette appropriation identitaire s'inscrive dans deux logiques : celle d'une dynamique de tension avec l’environnement ; celle qui met en situation la toute-puissance.
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Dans le premier cas, la recherche transidentitaire peut porter une dimension d’opposition, comme si l’acte venait répondre à une histoire relationnelle marquée par des empêchements ou des conflits non élaborés.
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Dans ce second cas, il y a quelque chose du "je veux, donc j'obtiens" qui révèle un principe de plaisir, rejetant le principe de réalité.
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A ce propos, je vous livre ici un extrait de mon prochain livre. J'ai reçu, en séance préliminaire, une mère de famille qui voulait me tester sur une question à la fois identitaire, religieuse et philosophique...
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Toute décision engageant notre identité propre suppose une détermination importante. Elle mobilise également l’entourage, qui se trouve invité à se repositionner. Les ajustements se font bien souvent à marche forcée. Des écarts apparaissent, des incompréhensions persistent, et il arrive que le coût relationnel soit ressenti avec intensité. Dans ces moments, le sentiment de fierté peut se trouver fragilisé, pris entre affirmation de soi et altération du lien.
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Il ne s’agit donc pas d’expliquer un positionnement par une cause unique. Il s’agit de comprendre comment la personne a pu se construire dans ses liens précoces, comment elle a été pensée, nommée, reconnue.
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Piera Aulagnier, grande figure de la psychanalyse contemporaine, a précisément travaillé cette question. Elle montre que chaque être humain se construit à partir d’un discours qui le précède. L’enfant arrive dans un monde où il est déjà inscrit dans des attentes, des représentations, des projections parentales. Elle nomme cet ensemble le contrat narcissique.
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Ce contrat donne une place à l’enfant, il lui permet d’exister dans le regard des siens. Il peut aussi devenir contraignant lorsque la personne ne se reconnaît pas dans ce qui est attendu d’elle. Une tension apparaît alors entre ce qui est vécu intérieurement et ce qui est autorisé dans le lien.
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Piera Aulagnier insiste sur un point essentiel : pour que la personne puisse se transformer sans se perdre, elle doit pouvoir maintenir une continuité psychique. Elle doit pouvoir se raconter, relier les différentes étapes de son histoire, donner du sens à ce qu’elle devient sans effacer ce qu’elle a été.
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Dans cette perspective, la fierté ne se limite pas à l’affirmation d’une différence mais à l'affirmation du droit à être ce que l'on est ou ce que l'on pense être en restant en lien avec son histoire et, autant que possible, avec son entourage. Elle suppose un travail d’élaboration qui permette de se relier plutôt que de rompre.
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La fierté la plus stable peut aussi résider dans l’audace de rester là où la nature a positionné la personne et dans une relation à soi suffisamment apaisée, pour permettre de s’aimer tel que l’on est. La psychanalyse soutient aussi ce travail. Elle ouvre un espace où la personne peut mettre en mots ce qui a été vécu, en dégager une cohérence et construire une manière d’être qui ne repose pas sur la rupture, mais sur une transformation progressive et habitée de son rapport à elle-même et aux autres.
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Fierté, fille de Créativité
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La fierté, issue de la créativité, occupe une place singulière. Elle ne dépend pas uniquement de ce qui a été surmonté. Elle ne repose pas sur une opposition et ne s'inscrit pas non plus ou pas toujours dans une rupture.
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Elle peut naître d’un mouvement intérieur par lequel la personne transforme ce qu’elle vit, ce qu’elle ressent, ce qui la traverse. Créer, c’est donner une forme à ce qui n’en avait pas encore et c'est produire du sens là où il manquait.
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Le lien entre fierté, créativité et résilience peut s’articuler de manière dynamique, comme un processus psychique en trois temps.
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La résilience, concept largement développé par Boris Cyrulnik, désigne la capacité d’une personne à transformer une expérience difficile en appui pour continuer à se construire. Elle ne consiste pas seulement à « tenir », elle implique une élaboration, une transformation interne de l’épreuve.
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La créativité intervient précisément à cet endroit. Elle représente la voie par laquelle la personne donne forme à ce qui, au départ, était informe, douloureux, parfois indicible. Dans une perspective psychanalytique proche de Donald Winnicott, créer revient à réintroduire du jeu là où l’expérience avait figé la vie psychique. La créativité ne se limite pas à l’art, elle peut être une manière de penser, de parler, de relier, d’inventer une réponse singulière.
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La fierté apparaît alors comme un affect de reconnaissance interne. Elle ne relève pas d’une comparaison sociale, elle émerge du sentiment d’avoir produit quelque chose à partir de soi, d’avoir transformé une contrainte en expression. Elle signe un mouvement d’appropriation : « cela vient de moi ».
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Ainsi, la résilience ouvre une nécessité de transformation, la créativité en constitue le moyen, et la fierté en est l’aboutissement subjectif.
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Ce lien peut être formulé de manière simple : la personne traverse une épreuve, elle en fait quelque chose, puis elle se reconnaît dans ce qu’elle a créé. La fierté devient alors un indicateur de croissance psychique. Elle témoigne que la personne ne s’est pas seulement adaptée, elle s’est engagée dans un processus de création d’elle-même.
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Dans cette perspective, la fierté la plus stable ne se trouve ni dans la performance, ni dans la transgression. Elle se situe dans cette capacité à produire à partir de soi, à habiter ce que l’on devient, à se reconnaître dans ce que l’on crée.
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Boris Cyrulnik, le célèbre neuropsychiatre et thérapeute, montre avec clarté que la créativité constitue un puissant vecteur de transformation. Elle permet de métaboliser les expériences difficiles, de les inscrire dans une histoire, et de restaurer un sentiment de valeur personnelle.
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Découvrez son interview, accordée à France Inter le 12 avril 2019, à l'occasion de la sortie de son livre “La nuit, j’écrirai des soleils” (Odile Jacob).
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La citation du mois
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Le thème de la parentalité est celui qui me tient le plus à coeur, probablement parce qu'il a occupé mon espace mental à 100 % avec mes propres enfants. Je pouvais travailler, me divertir et vivre ma vie de femme, sans qu'à aucun moment la perspective de ma parentalité ne perde de sa priorité.
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Telle est ma plus grande fierté parce que cela représente pour moi une expérience absolument considérable. La plus importante de toutes.
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Aussi, cette question de la fierté parentale se retrouve souvent dans les propos de parents, au sujet de leurs enfants. Alors, je le dis et le répète à chaque fois que cela m'est possible :
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Soyez fiers d'être des parents attentifs, concernés, mobilisés, impliqués et bienveillants pour vos enfants. Cela participe indéniablement de votre désir d'accomplissement dans le bien de l'Autre. En revanche, ne soyez pas fiers de vos enfants, de leurs exploits, de leurs réussites scolaires, culturelles ou sportives. Leurs performances ne doivent pas vous être adressées. Dites-leur simplement que vous êtes heureux qu'ils puissent être fiers d'eux.
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La vie discrète d'un Buzz !
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Ma conférence sur la santé mentale des jeunes d'aujourd'hui, donnée le 5 février 2026 à l'Hôtel du Département d'Arras (Pas-de-Calais) pour l'Association UNISCITÉ, continue son chemin de reconnaissance dans les réseaux sociaux.
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Avec plus de 800 000 vues de mes posts extraits de cette conférence, toutes plateformes confondues, nous pouvons en tirer quelques conclusions :
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Les posts les plus vus, les plus partagés et les plus enregistrés, portent sur l'estime de soi et la gestion des émotions.
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L'équation ES = CS + AS + IS (Estime de soi = Confiance en Soi + Amour de Soi + Image de Soi), telle que vous la voyez ci-dessus, a été appréciée par près de 12 000 internautes, repostée près de 1000 fois et adressée près de 6 000 fois à d'autres internautes.
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Il s'agit donc de comprendre que la question de l'Estime de Soi représente une préoccupation majeure et majoritaire pour les internautes.
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Travaillons sur ce sujet avec toute la détermination dont nous pouvons être capables, afin de nous rendre tous fiers de nous-mêmes !
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Et merci à tous de m'accompagner dans cette dynamique !
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Alors, à bientôt et merci de votre intérêt pour mes travaux !
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Vous pouvez me retrouver sur les réseaux sociaux ;-) !
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Crédit photo pour cette Newsletter : 42North. Nota Bene : pour des raisons de confidentialité, l'identité des personnes que je cite dans mes Newsletters, est systématiquement modifiée.
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Psychanalyste Autrice Conférencière et TEDx speaker Coach spécialiste en expressivité/éditorial
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Consultante en recrutement-profilage Enseignante
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Consultations : En face à face, sur le divan ou via Internet
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Sur rendez-vous uniquement. Tél. : 06 80 70 00 57
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