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Moi d'abord... Et les autres ?
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L'urgence de refaire société, par Véronique Salman
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Temps de lecture : 22 minutes, hors liens à cliquer
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Être soi… jusqu’où ?
Vous connaissez cette phrase de Jacques Lacan, l’un des plus féconds psychanalystes français du XXᵉ siècle ? Il la formule à Paris, à l’occasion d’une conférence donnée aux psychiatres de l'hôpital Sainte-Anne le 10 novembre 1967.
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Le fou, c’est l’homme libre.
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Héritier de la pensée freudienne, dont il entreprend une relecture complète, Lacan renouvelle profondément la pensée psychanalytique en accordant une place centrale au langage et à la relation à l’Autre. Penseur brillant et volontiers provocateur, il aimait les formules qui obligent à réfléchir. Celle-ci en est une.
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Dans son Séminaire III, consacré aux psychoses (1955-1956), Lacan remettait déjà en cause l’idée que nous pourrions être totalement libres et indépendants des autres. Il comparait même cette croyance à un « discours délirant ».
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Car personne ne se construit seul. Nous apprenons à parler avec les mots que d’autres nous ont transmis. Notre identité se forme à travers les liens, les regards et les désirs qui nous entourent dès notre naissance. Même notre inconscient porte la trace de ce que nous avons reçu des autres. C’est ce que Lacan résumait par cette célèbre formule :
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L’inconscient est le discours de l’Autre.
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Autrement dit, même ce qui nous paraît le plus intime s’est aussi construit dans notre relation aux autres.
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En ce sens, nous sommes donc tous aliénés. Le mot peut sembler péjoratif. Il faut le comprendre ici comme le fait que nous soyons reliés, que des choses de notre entourage participent à ce que nous sommes et que la vie en porte le sens.
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Le fou occupe une position singulière. Lacan le présente comme l’homme véritablement libre, libre d'être. Il peut alors apparaître, d’une certaine manière, comme affranchi de cette dépendance à l’Autre qui nous constitue. Il est un, seul dans son monde, au point que sa réalité peut ne plus rencontrer celle de l’Autre. Poussée à son extrême, la liberté devient alors une solitude radicale.
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Cette réflexion me paraît d’une étonnante actualité. Notre époque a fait de l’émancipation individuelle l’une de ses plus belles conquêtes. Nous avons appris à écouter nos désirs, à nous libérer de nombreuses assignations et injonctions, à revendiquer le droit de disposer de notre existence.
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Les femmes ont conquis leur autonomie, les enfants sont davantage reconnus comme des personnes et la souffrance psychique est mieux entendue. Nous avons fort heureusement appris à être nous-mêmes ou, en tout cas, nous y sommes encouragés par la société.
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Et si le piège apparaissait lorsque cet idéal finit par nous faire oublier que nous ne devenons jamais nous-mêmes tout seuls ? Être soi ne signifie pas vivre comme si l’Autre n’existait pas. La liberté psychique suppose au contraire de parvenir à devenir soi tout en restant relié, à reconnaître son désir tout en conservant la conscience de l’Autre.
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Alors, une question se pose :
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Comment continuer à faire société lorsque chacun est libre de disposer de lui-même ?
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Près d’un siècle avant Lacan, Alexis de Tocqueville, homme politique, historien et grand penseur français de la démocratie, avait pressenti la traduction sociale de cette question. Dans le second tome de De la démocratie en Amérique, paru en 1840, il faisait une distinction intéressante entre l’égoïsme et ce phénomène nouveau auquel il donnait un nom : l’individualisme.
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L’égoïsme consiste à penser essentiellement à soi. L’individualisme est plus subtil. Il s’installe lorsque chacun en vient progressivement à considérer que son premier devoir est envers lui-même et organise son existence autour de son univers personnel.
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Notre époque valorise cette idée. Prendre soin de soi, préserver son équilibre, écouter ses besoins, devenir pleinement soi-même. Ces conquêtes sont précieuses. La difficulté apparaît lorsque cette fidélité à soi suffit à justifier toutes nos décisions, comme si notre épanouissement pouvait être pensé indépendamment des conséquences qu’il produit sur les autres.
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Maintenant que l'émancipation est acquise, le défi qui s’ouvre devant nous est peut-être plus ambitieux encore : réussir à faire société avec des individus libres. C’est la question qui traversera toute cette Newsletter, pour entamer une année cruciale à l'approche des élections présidentielles.
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Nos fragilités
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Une société ne tient pas uniquement grâce à ses lois, à ses institutions ou à son économie. Elle fonctionne parce que ses membres acceptent de limiter spontanément une partie de leurs intérêts particuliers au bénéfice de ce qui les relie.
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C'est ce que le philosophe des Lumières, Jean-Jacques Rousseau, a théorisé dans son Contrat social. En effet, vingt-sept ans avant la Révolution française, il considérait que chacun devait accepter de limiter une part de sa liberté afin que tous puissent vivre dans une société plus juste, plus sûre et plus pacifique.
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Cette philosophie a profondément nourri notre conception moderne de la vie collective. Les lois organisent notre vie commune. Elles nous disent ce qui est permis, ce qui est interdit et ce qui garantit l’égalité entre les citoyens. Ce Contrat est encore, de nos jours, indispensable. Sans lui, il n’y aurait ni démocratie, ni justice, ni vie collective possible.
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Et force est de constater que cela a fonctionné puisque l’immense majorité des citoyens respectent les lois et les règles de la vie collective.
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Un siècle et demi plus tard, Sigmund Freud en donnera une traduction psychique. Dans L’Avenir d’une illusion (1927), il affirme que toute culture doit se construire sur « la contrainte et le renoncement pulsionnel ».
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Dans Le Malaise dans la culture (1930), il précise que ce renoncement peut emprunter plusieurs voies, parmi lesquelles le refoulement, qui écarte de la conscience ce qui ne peut être accepté, et la sublimation, qui transforme l’énergie pulsionnelle en activité créatrice ou socialement valorisée.
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La loi pose donc des limites extérieures. Mais faire société suppose aussi de les intérioriser et d’accepter que tout ce qui nous traverse n’a pas à devenir un acte lorsque soi-même, l’Autre ou le bien commun en paierait le prix.
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Nous pouvons donc nous montrer vertueux à l’égard de la société sans l’être nécessairement envers nous-mêmes ni dans nos relations avec les autres.
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Cette éthique personnelle et relationnelle s’effrite dès lors que le sadisme, le masochisme ou la perversion s’instaurent en nous… En effet, nous pouvons prendre la liberté de nous faire du tort, de fumer, de boire, de nous droguer, de nous suicider même, de mal manger, de ne pas prendre soin ni de nous ni d'autrui, d'être grossier, insultant, médisant, dégradant. Nous pouvons exercer ces libertés tant qu'elles ne franchissent pas les limites posées par la loi.
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Seul notre libre arbitre peut nous pousser à agir de manière éthique. Et ce libre arbitre n'est pas toujours convoqué, il ne va pas de soi puisqu'il compromet parfois notre désir de jouir à notre guise. Je vous renvoie ici à tout ce que j'ai déjà écrit sur mon concept du Bon Surmoi, celui qui nous guide plutôt que celui qui nous tyrannise.
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La liberté, source de souffrance
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Le cadre collectif parvient donc à contenir une partie de nos comportements. Dès lors que la loi ne suffit plus à les réguler, notre liberté peut aussi devenir source de souffrance pour l'Autre.
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Les féminicides perdurent ainsi que les violences conjugales, les violences et agressions sexuelles, les actes incestueux et/ou pédocriminels. Sur tous ces terrains, les auteurs mis en cause sont très majoritairement des hommes. Ces passages à l’acte peuvent notamment être lus, dans une perspective psychanalytique, comme un défaut de régulation pulsionnelle.
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Les violences conjugales en donnent une mesure particulièrement éloquente : en 2024, 84 % des victimes enregistrées étaient des femmes et 85 % des personnes mises en cause étaient des hommes.
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En élargissant la focale, un autre paradoxe apparaît. Nous pouvons souffrir de l'individualisme des autres tout en cédant nous-mêmes à une forme d'individualisme corporatiste, lorsqu'il s'agit de défendre nos propres intérêts. Chacun réclame légitimement que sa situation soit prise en compte, tout en peinant parfois à intégrer les contraintes et les besoins des autres.
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La question des retraites en offre une illustration particulièrement parlante. Il est compréhensible de souhaiter cesser de travailler à 60 ans ou, au plus tard, à 62 ans. Cette aspiration rencontre pourtant une réalité collective : qui finance ces années supplémentaires de retraite dans une société où l'espérance de vie s'est allongée, où le nombre de retraités augmente et où les actifs doivent assurer l'équilibre du système ?
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Demander à l'État de prendre en charge l'écart revient à demander à la collectivité de le financer.
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Comment, alors, défendre ce qui est souhaitable pour soi tout en intégrant ce qui est soutenable pour tous ?
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Et puis il y a l'autre versant de l'individualisme : ceux qui souffrent précisément parce que leur situation ne devient plus suffisamment l'affaire de tous. Des pans entiers de la société française se sentent délaissés, insuffisamment entendus ou confrontés à des difficultés auxquelles aucune réponse collective à la hauteur ne semble apportée.
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• Les agriculteurs peinent à vivre de leur travail et à se projeter face aux injonctions économiques, environnementales et réglementaires parfois contradictoires.
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• Les propriétaires de biens immobiliers, qui ont tout perdu dans les incendies géants de cet été, n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Leurs héritiers ne pourront plus se réunir dans un lieu patrimonial qui leur est familier.
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• Les locataires vivent dans des bouilloires thermiques ou des congélateurs, selon la saison.
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• Selon la Fondation pour le logement, environ 350 000 personnes seraient aujourd’hui sans domicile, soit plus du double qu’en 2012.
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• Les industries se raréfient.
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• L'hôpital public peine à remplir sa mission.
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• L’école cherche son équilibre entre transmission des savoirs, autorité et inclusion.
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• Le narcotrafic gangrène même les villes moyennes, là où personne ne l'aurait imaginé. • Les crises budgétaires se succèdent.
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• Dans la vie publique, les antagonismes se creusent au détriment d'un véritable débat démocratique, faute de savoir créer des coalitions comme il est courant de le faire dans de nombreuses démocraties européennes. • Par leurs actions, les manifestants précèdent le dialogue social, afin d'impressionner lors des négociations, dont personne n'est désormais surpris de l'échec.
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• Chaque grand événement sportif place les forces de l'ordre, les commerçants, les restaurateurs, sur les dents.
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• Les casseurs, braqueurs et pilleurs, dégradent les biens communs et les hackers ruinent leurs victimes.
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• La confiance envers les institutions s’érode.
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• Les menaces de guerre se rapprochent.
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Deux questions me viennent alors :
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Que faire pour que tout ceci n'arrive pas ? Quelle solidarité faut-il mettre en place et à quelle échelle ?
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Et plus encore... Les ruptures conjugales se sont banalisées. Parmi les mariages célébrés en 2000, la proportion rompue avant dix ans était environ 45 % plus élevée que parmi ceux célébrés en 1980.
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Ce que l'on appelle désormais le célibat boom gagne du terrain. Entre 1990 et 2022, la part des ménages composés d’une seule personne est passée de 27 à 39 %. Première mise en couple plus tardive, séparations plus fréquentes, choix assumé de vivre seul... Le couple a progressivement cessé d'être le cadre incontournable de la vie adulte.
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Il ne s'agit évidemment pas de dire que vivre seul est un problème et célibat ne signifie pas solitude. Il est cependant intéressant de se demander ce que cette évolution raconte de notre manière contemporaine de concevoir les relations affectives. L'Autre ne serait-il pas devenu un tant soit peu encombrant ?
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Et s'il l'est — nous verrons pourquoi plus bas —, les conséquences dépassent largement la sphère de la rencontre amoureuse. Les Français font de moins en moins d'enfants. En 2025, pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré davantage de décès que de naissances. Un basculement démographique inédit depuis plus de quatre-vingts ans !
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Dès lors, cela pose une question sociétale de la plus haute importance :
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Comment résoudre le problème majeur du vieillissement de la population et du déficit démographique, alors que nous sommes de moins en moins nombreux à vivre en couple et que nous faisons de moins en moins d'enfants ?
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Une autre évolution me frappe. Les femmes organisent leur existence avec une indépendance croissante à l'égard des hommes : autonomie financière, sexualité affranchie de la conjugalité, liberté de vivre pleinement son homosexualité, maternité rendue possible grâce au don de sperme... Certaines peuvent ainsi construire leur vie en réduisant considérablement ce qui les obligeait autrefois à faire couple avec un homme.
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Cette autonomie constitue une conquête majeure. Elle nous fait aussi nous poser une question nouvelle :
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Lorsque l'Autre peut être contourné chaque fois que la relation devient difficile, qu'est-ce qui nous donne encore envie de composer avec lui ?
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Le sentiment d'insécurité, chez les femmes à l'égard des hommes, fait même déclarer à la chanteuse Marguerite, dans une chanson qui a connu un grand succès à sa sortie au printemps 2025 :
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Et moi, je préfère les filles, les femmes, les meufs, J'me sens plus tranquille quand y'a des filles dans la teuf. (...) J'me sens mieux dans ma vie, depuis que je l'ai dit, Que j'aime les filles aussi...
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À force de chercher à nous prémunir contre la déception, la contrainte ou la souffrance, nous apprenons aussi à nous passer de l'Autre. Or, d'un point de vue psychanalytique, grandir consiste précisément à accepter que l'Autre soit autre. Qu'il ait ses désirs, ses besoins, ses limites et qu'il ne réponde pas toujours à nos attentes, tant qu'il respecte les codes et les convenances qui rendent la relation possible, qu'il se respecte lui-même et qu'il nous respecte.
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La relation nous oblige ainsi à renoncer à une part de notre toute-puissance infantile. Elle nous confronte à la frustration, au compromis, au désaccord. Elle nous offre aussi un bienfait irremplaçable : la réciprocité.
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Être en relation avec quelqu'un, quel que soit le type de relation, c'est apprendre à le connaître suffisamment pour savoir ce dont il a besoin, ce qu'il désire, ce qui le rend heureux, afin de pouvoir en tenir compte. Et cette attention ne peut nourrir durablement la relation que si elle circule dans les deux sens.
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L'Autre me connaît lui aussi. Il sait ce qui compte pour moi, ce qui me réjouit, ce qui me blesse et ce dont j'ai besoin pour me sentir bien avec lui.
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La bonne relation s'inscrit ainsi dans une dynamique de réciprocité. Chacun conserve sa singularité tout en intégrant l'existence de l'Autre dans sa manière de penser et d'agir.
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Nous retrouvons ici, à l'échelle intime, quelque chose du Contrat social évoqué plus haut. La relation devient possible lorsque chacun peut compter sur l'Autre pour respecter un cadre commun et prendre en considération ce qui lui importe. La confiance naît aussi de cette expérience répétée.
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Et si cette réciprocité vaut pour la relation à petite échelle, nous pouvons l'élargir au collectif : refaire société, c'est apprendre à donner une place importante aux besoins de l'Autre dans nos propres choix, avec la confiance qu'il accordera la même importance aux nôtres. C'est faire naître un contrat relationnel intériorisé.
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Mais lorsque cette réciprocité disparaît, la relation se déséquilibre. Et lorsqu'elle s'efface au niveau sociétal, chacun finit par chercher à se protéger seul. Car la société n'est finalement que le reflet de la manière dont nous nous comportons les uns avec les autres. Nos enfants grandissent dans le monde relationnel que nous construisons devant eux. Ils observent notre manière de respecter (ou pas) l'Autre, de tenir compte (ou pas) de ses besoins, de gérer (ou pas) nos désaccords, de nous engager et de faire confiance.
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Lorsque ce monde devient trop individualiste, ils en pâtissent.
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Comment apprendre à nos enfants la confiance, la solidarité et le goût de la relation s'ils voient les adultes privilégier systématiquement leur intérêt personnel, se méfier les uns des autres ou rompre le dialogue dès que l'Autre contrarie leurs attentes ?
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Nous fabriquons aussi la société de demain par la qualité des relations que nous leur donnons à voir aujourd'hui.
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L'Autre = danger
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L'individualisme est en train d'intoxiquer notre rapport au bien commun et notre capacité à imaginer ensemble une perspective collaborative. Progressivement, cet Autre semble cesser d'être un recours possible pour devenir un danger potentiel. Le phénomène traverse les relations entre les femmes et les hommes avec une intensité qui m'inquiète.
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Je rencontre autant de femmes que d'hommes capables du meilleur... comme du pire car, je le dis, aucun sexe ne possède le monopole de la bienveillance ou de la violence ordinaire. Aucun sexe ni même aucune orientation sexuelle. Les formes diffèrent mais les mécanismes psychiques, eux, se ressemblent. Examinons-en quelques-uns de plus près.
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Chez les femmes, dont j'entends parler à longueur de semaines dans ma consultation par leurs conjoints accablés, la liberté conquise peut se transformer en pouvoir de domination. Ce qu'ils décrivent, ce sont des femmes phalliques, des mères castratrices, dangereuses pour l'équilibre familial. Elles illustrent ce que nous appelons en psychanalyse la haine des hommes. Une haine inconsciente, viscérale.
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Ces femmes ne cherchent pas à quitter les hommes mais à leur empoisonner la vie et possiblement à les effacer en tant qu'hommes, en tant que pères. Les effacer du récit familial, comme la plupart du temps leurs mères l'ont fait avant elles.
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Je retrouve d'ailleurs ici ce que j'appelle la Trilogie inconsciente. En effet, dans ma lecture clinique, elles reproduisent, sans en avoir conscience, les modalités relationnelles dont elles ont elles-mêmes souffert en voyant peut-être leurs propres mères agir ainsi. Elles ne font que reproduire la logique, en occupant à leur tour la position dominante dans le couple.
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En cette rentrée, quatre de mes patients âgés de trente-six à quarante-trois ans vivent actuellement un véritable cauchemar. Selon leurs récits respectifs, leurs anciennes compagnes ont porté contre eux des accusations soit de violences conjugales soit d’attouchements sexuels sur leurs enfants. Accusations qu’ils contestent et auxquelles ils doivent répondre devant la police, la justice et les services sociaux.
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Comment comprendre que la libération nécessaire de la parole puisse parfois être détournée pour devenir à l'extrême une arme contre l'Autre ? Ces récits peuvent conduire à interroger, sans permettre de poser un diagnostic à distance, certains fonctionnements narcissiques ou pervers.
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Ces situations demeurent heureusement minoritaires mais lorsqu'elles surviennent, elles détruisent des vies. En ce cas, l'enfant devient un enjeu de pouvoir et les magistrats des alliés bien malgré eux. Sachez-le, je leur écris souvent pour apporter ma contribution afin que la version de mes patients puisse être entendue.
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Toutes les femmes ne vont évidemment pas jusque-là. Le plus clair du temps, les dominatrices adoptent une attitude certes moins radicale mais tellement invivable. Je leur ai d'ailleurs donné un nom : les Reines de la ruche. Ce sont des femmes autour desquelles tout doit tourner, dans un individualisme forcené. Je vous propose d’écouter un extrait de Je me libère du passé, accompagné de mon analyse.
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Illustration : Sylvie Faur
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À l'inverse, je reçois également des femmes profondément meurtries par certains hommes restés enfermés dans une toute-puissance infantile. L'individualisme de quelques profils d'hommes me paraît très avéré dans une haine des femmes soit inconsciente, soit totalement assumée !
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Certains sont ce que l'on appelle des contre-dépendants : je les décrirais surtout par une vie organisée pour se ménager constamment des portes de sortie. Ils sont dans l’échappatoire, dans une stratégie permanente d’évitement de la contrainte familiale. En famille... ils préfèrent vivre seuls ! Ils tiennent farouchement à leur territoire, leurs horaires, leurs amis, leurs loisirs, leurs jeux vidéo. Tout va bien tant qu'on ne leur en demande pas trop et tant que les exigences restent suffisamment légères et maîtrisables. Être occupé constitue aussi une excellente manière de rester indisponible. Ils ont besoin d'un lien, redoutant ce qu'une relation plus nourrie exigerait d'eux.
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Ces hommes peuvent aussi être des célibataires endurcis et multiplier les histoires courtes, préférer les relations à distance, éviter la cohabitation ou maintenir longtemps une relation dans un statut indéfini.
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Certains autres sont d'une grossièreté sidérante. Ils parlent fort, coupent la parole, imposent leurs goûts, leurs horaires, leurs habitudes. À table, dans leur façon d'occuper l'espace, de parler de sexualité ou de prendre la parole, tout semble dire la même chose : je fais ce que je veux chez moi. Ils boivent trop, mangent avec excès, se laissent aller physiquement, multiplient les plaisanteries graveleuses et considèrent comme une atteinte insupportable à leur liberté la moindre remarque sur leur comportement.
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Cette grossièreté m'intéresse d'un point de vue psychanalytique parce qu'elle dépasse largement les mauvaises manières. Elle raconte une difficulté à intégrer l'Autre. Ils ont une vie d'adulte mais une part infantile continue de régner et attend de l'entourage qu'il s'adapte. La femme finit parfois par occuper une fonction presque maternelle pour son compagnon.
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J'ai appelé ces hommes les Empereurs. Écoutez un extrait de ce que j'en dis dans mon livre Je me libère du passé, comprendre ses erreurs pour ne plus les répéter, en cliquant sur le bouton ci-dessous.
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Cette image semble éculée, périmée et réservée à un ancien temps. Mais n'oublions pas qu'elle hante encore l'esprit de mes patients, hommes ou femmes, qui ont grandi en témoins privilégiés de ce type de père. Les traumatismes se chronicisent alors.
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Et du côté des plus jeunes
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Les jeunes hommes individualistes, aujourd'hui, donnent parfois l'impression d'être très modernes. Ils sont soignés et passent le plus clair de leur temps à s'examiner sous toutes les coutures, se recoiffer dès qu'ils passent devant un miroir ou une vitrine. Pourtant, derrière cette évolution esthétique, peut parfois demeurer une conception très ancienne de la relation.
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La femme est moins rencontrée comme une partenaire que comme une validation narcissique. Lorsqu'elle se refuse, s'éloigne ou choisit un autre homme, certains vivent même cette liberté comme une humiliation insupportable. Ce sont des masculinistes qui entendent faire des femmes libres une nouvelle arène de combat. Ils se répandent sur les réseaux sociaux pour raconter pourquoi et comment il est important de les asservir à nouveau. Combat d'arrière-garde car la libération de la femme est acquise. Aucune femme n'y renoncera ou si peu.
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En revanche, ils séduisent par leurs propos d'autres jeunes hommes, également incapables d’élaborer leurs blessures narcissiques anciennes et d’y réfléchir. Les discours masculinistes permettent aux incels (INvoluntary CELibate) de désigner la cause fallacieuse de leur mal-être et de leur célibat forcé. Ils désignent les femmes comme responsables de leurs échecs. Ils cèdent eux aussi à la haine des femmes.
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Cet effrayant tableau s’ajoute à la perversion narcissique, toujours tellement contemporaine… J'entends parfois dire que je verrais des troubles de personnalité narcissique partout, pervers ou non. Je souris lorsque j'entends cette remarque.
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D'abord parce qu'un psychanalyste ne rencontre pas un échantillon représentatif de la population. Il reçoit des personnes qui souffrent souvent parce qu'elles ont précisément croisé le chemin de personnalités particulièrement égocentriques et dominatrices, dégradantes. Ensuite, parce que ce sujet traverse mes travaux depuis de nombreuses années et j'y ai consacré des chapitres entiers dans mes livres.
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Pour comprendre les différences qu'il y a entre trouble de la personnalité narcissique, perversion narcissique, psychopathie, entre perversion narcissique masculine et féminine, je vous propose d'écouter les deux volets de mon Webinaire, produit en 2021. Ils n'ont pas pris une ride... malheureusement.
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Ces femmes et ces hommes, qui ont en commun cette haine de l’autre sexe, utilisent la relation pour réparer une blessure personnelle. Ils ne rencontrent plus l'Autre, ils l'utilisent. La séparation devient une vengeance, l'enfant devient parfois une prise de guerre, la justice sert d'instrument au conflit et la souffrance personnelle se transforme en autorisation de faire souffrir.
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Voilà, à mes yeux, le véritable danger : une société commence à se fragiliser lorsque les femmes et les hommes cessent de se rencontrer comme des personnes pour se considérer mutuellement comme des adversaires qu'il faut abattre.
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Petit lexique
Sans les confondre ni établir entre eux une progression clinique, ces fonctionnements plus ou moins individualistes ont en commun de réduire la place reconnue à l’Autre. On observe alors différentes manières de réduire progressivement l'importance accordée à l'Autre, jusqu'à parfois la faire disparaître complètement.
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• L'égoïsme consiste à penser principalement à soi.
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• L'individualisme fait passer son intérêt personnel avant le bien commun.
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• Le trouble de personnalité narcissique transforme l'Autre en instrument destiné à satisfaire ses besoins narcissiques. La relation devient un moyen d'obtenir admiration, pouvoir, contrôle et réparation.
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• Le trouble de personnalité antisociale, certes multifactoriel, constitue sans doute l'expression la plus inquiétante de l'individualisme. L'Autre n'existe plus comme sujet de droit. Seuls comptent la volonté personnelle, la satisfaction immédiate et le rapport de force.
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Concernant ces dernières personnalités, nous les appelons souvent des sociopathes, en ce sens qu'ils ne cherchent pas à construire leur existence dans une société dont ils ne peuvent embrasser les convenances. Ils attendent inconsciemment que le monde compense ce qu'ils estiment n'avoir pas reçu dans leur enfance. En vain, cela dit, et cette attente entretient une colère permanente contre les parents, contre l'école, contre l'autorité, contre l'État, les Institutions. Contre la société tout entière.
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Leur histoire est fréquemment marquée par des carences affectives importantes, des violences, des humiliations ou de profondes expériences d'abandon, dans leur jeunesse. D'un point de vue psychanalytique, certaines de ces blessures peuvent contribuer à installer le sentiment que la société leur est redevable. Comme si une dette ancienne devait enfin leur être remboursée. Cette conviction demeure le plus souvent inconsciente.
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Elle s'exprime pourtant dans certains comportements comme :
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• Le mépris des institutions
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• L'escroquerie • La manipulation
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• L'absence de culpabilité
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• L'incapacité à percevoir la réalité de l'Autre
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Nous arrivons ici au point ultime de l'individualisme. La liberté personnelle s'est progressivement affranchie de toute considération pour l'Autre. La relation devient alors purement utilitaire : l'Autre compte lorsqu'il sert, satisfait ou répare. Dès qu'il contrarie, limite ou résiste, il devient un obstacle.
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Là, précisément, se situe la frontière essentielle : être libre suppose encore de reconnaître que l'Autre existe autant que soi-même. C'est ce qu'on appelle en psychanalyse l'intégration de l'Autre en soi. Indispensable dès le plus jeune âge.
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L'intelligence empathique
À mesure que j'avance dans ma pratique clinique, je suis frappée par une idée simple. Nous avons considérablement développé notre intelligence émotionnelle. Nous apprenons à reconnaître nos émotions, à identifier nos besoins, à poser nos limites, à prendre soin de nous-mêmes.
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En revanche, il me semble que nous parlons beaucoup moins d'une autre forme d'intelligence, tout aussi indispensable à la vie en société. C'est ce que j'appelle l'intelligence empathique. Voilà ce qu'il nous faut pour refaire société. Elle nous fait nous sentir utiles à nos proches, nos voisins, nos collègues, nos amis, nos patrons, nos followers...
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Elle nous pousse à donner de notre temps gratuitement, au travers de posts sur les réseaux sociaux, en tant que bénévoles auprès d'associations. Elle nous fait donner notre argent aux grandes causes. Elle nous permet aussi d'intégrer l'existence psychique de l'Autre lorsque nous prenons une décision.
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Donc, quand vous décidez quelque chose, il ne suffit pas de vous demander :
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Qu'est-ce qui est bon pour moi ?
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Encore faut-il assortir cette question cruciale de :
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Quelles seront les conséquences de mon comportement pour ceux qui vivent avec moi ?
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L'intelligence empathique ne consiste ni à s'oublier, ni à chercher l'approbation permanente des autres. Elle reconnaît que chacun possède une vie intérieure, une sensibilité, une histoire et une dignité, qui méritent d'être prises en considération. Ici commence véritablement l'éthique : penser simultanément sa propre liberté et celle d'autrui. Là réside, aujourd'hui, l'un des plus grands défis de notre vie collective.
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Quand chacun se persuade qu'il est légitime, parce qu'il souffre, d'imposer sa vérité à l'Autre, commence la véritable fragilisation d'une société. La psychanalyse nous rappelle pourtant une vérité essentielle. La souffrance n'autorise jamais la violence, quelle que soit la forme qu'elle prend. Qu'elle soit exercée par un homme ou par une femme. Grandir, ce n'est pas demander à l'Autre de réparer notre histoire, c'est accepter d'en devenir soi-même responsable.
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Peut-être avons-nous cru que grandir consistait à conquérir toujours plus de liberté ? La psychanalyse m'a appris qu'une civilisation se construit lorsque chacun accepte que sa propre liberté rencontre celle des autres.
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Fête de la Fédération, Paris, 14 juillet 1790
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Par Charles Thévenin, 1796
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Une nouvelle Concorde ?
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En France, nous entrons dans une année électorale importante. Comme à chaque échéance démocratique, les débats seront vifs et c'est heureux car une démocratie vivante suppose des désaccords.
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Ce qui me lasse infiniment, c'est qu'en général les campagnes électorales reposent de plus en plus sur la désignation d'adversaires. Les uns nous expliquent de qui nous devrions avoir peur. Les autres nous disent qui serait responsable de nos difficultés. À chaque fois, le monde paraît se diviser entre les bons et les mauvais, les victimes et les coupables, ceux qu'il faudrait sauver et ceux qu'il faudrait combattre.
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La réalité est pourtant infiniment plus complexe. La démocratie ne consiste pas à choisir un camp contre un autre. Elle consiste à apprendre à penser et à accepter que plusieurs vérités partielles puissent coexister. À reconnaître qu'un adversaire politique demeure un concitoyen.
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À chercher le bien commun plutôt que la victoire d'un groupe sur un autre.
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Le danger des extrêmes n'est pas seulement ce qu'ils proposent. Il est dans leur manière de penser par simplification, opposition et désignation. Il se situe toujours dans l'idée de promettre des solutions simples à des problèmes complexes.
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Je crois que pour reconnaître ce qui menace le Contrat social, il est intéressant non pas uniquement d'écouter les propos des candidats mais de les inscrire dans leurs contextes respectifs. D'où viennent-ils ? Qui sont leurs inspirateurs ? Qui sont leurs amis, leurs alliés ? Encore une fois, interroger l'histoire et le contexte de ces candidats et de leurs partis permet de réfléchir avec discernement à ce qui servira véritablement le bien commun ou pas...
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Une société commence à se fragiliser lorsqu'elle remplace la réflexion par l'indignation. Je crois que notre responsabilité est de résister à cette tentation. Non pas en renonçant à nos convictions, au contraire, mais en les construisant avec davantage de discernement et de perspectives collectives, pour que le plus grand nombre s'épanouisse.
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Nous aurons maintes occasions d'en reparler.
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La citation du mois
Ce mois-ci, j'ai envie de partager avec vous l'une de mes anecdotes, quelque chose de si banal, si dérisoire et, pourtant, l'illustration parfaite d'un problème bien plus important. Dans le cadre de mon activité d'enseignante, notamment en Psychosociologie et Connaissance de soi, j'observe mes étudiantes taper le cours sur leur ordinateur. Beaucoup portent des ongles très longs, parfois très pointus, devenus de véritables œuvres de nail art. Je les vois poser leurs mains à plat sur le clavier tant ces ongles rendent la frappe difficile. Moi, pour qui la manucure reste un pilier fondamental de mon être, je suis impressionnée par tant d'audace et d'affirmation de soi.
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Il se trouve que j'ai eu l'occasion de rapprocher cette observation de ce que trois de mes jeunes patients, eux aussi jeunes adultes, m'ont spontanément confié. Pour eux, ces ongles évoquaient des griffes...
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...Avec lesquelles les filles jouent. Elles tapotent le bureau pour passer le temps. Ça fait des bruits parasites et ça déconcentre.
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Ces jeunes hommes y voyaient une manière d'occuper l'espace, un signe d'affirmation de soi qu'ils ressentaient parfois comme intimidant, voire agressif. Aucun ne l'avait jamais confié ou exprimé publiquement. Tous avaient préféré s'adapter.
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Je n'ai pas hésité à poursuivre par une question cruciale :
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Et dans l'intimité, comment trouvez-vous ça ? Votre petite amie, avec ces ongles ?
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Tous m'ont répondu que c'était spécial, sans oser leur demander de les raccourcir. Visiblement ces ongles longs s'imposent d'eux-mêmes !
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Cette anecdote me semble illustrer la question de l'individualisme. La liberté consiste évidemment à pouvoir faire ses propres choix mais l'éthique commence au moment où nous nous demandons aussi :
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Comment suis-je reçu(e) par l'Autre ?
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Merci à mes étudiantes et mes jeunes adultes patients de m'avoir inspirée ce propos et n'oublions pas que les bonnes relations sont celles qui favorisent la bienveillance mutuelle !
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Mon actualité
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Je serai à Paris, le 26 septembre prochain, à l'Espace Champerret, dans le cadre du Salon Zen. J'y donnerai ma conférence fétiche, sur "SE COMPRENDRE POUR ALLER MIEUX".
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Et, comme il se doit, à son terme, une séance de dédicaces de mon livre Je me libère du passé, comprendre ses erreurs pour ne plus les répéter sera organisée afin que nous puissions nous rencontrer.
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conférence
SE COMPRENDRE POUR ALLER MIEUX
Les clés de l’accomplissement
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Pourquoi est-il parfois si difficile d’être soi-même ? Nos choix, nos relations, nos peurs, nos ambitions ou nos renoncements, s’enracinent souvent dans une histoire dont nous n’avons pas toujours conscience.
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À partir de mon expérience de psychanalyste et de nombreux exemples cliniques, je propose une réflexion accessible sur la manière dont se construit la vie psychique. J'explore les scénarios inconscients qui orientent nos comportements, les répétitions qui nous enferment ainsi que les ressources qui permettent de retrouver davantage de liberté intérieure.
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Une conférence pour mieux comprendre ce qui nous anime, donner du sens à notre parcours et avancer vers une vie plus cohérente avec nous-mêmes.
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SAMEDI 26 SEPTEMBRE 2026 10 h 45 - 12 h 15 Salon Zen Espace Champerret Paris 17e
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Pour télécharger vos entrées gratuites, valables sur tout le Salon, cliquez sur le bouton ci-dessous.
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Parisiens ou habitants de la région parisienne, je serai ravie de vous rencontrer ou retrouver pour ceux d'entre vous que je connais déjà. S'il vous plaît, remplissez ce court questionnaire en cliquant sur le bouton ci-dessous. Merci d'avance !
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Illustration : Sylvie Jonquères
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Des nouvelles fraîches...
Grandir mieux – Les joies de la psychanalyse a connu quelques péripéties cet été ! Les Éditions du Dauphin et moi-même nous retrouverons tout début septembre, pour réfléchir ensemble à la manière de mieux collaborer autour de mon prochain livre et de préparer sa sortie dans les meilleures conditions.
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J'aborde ce rendez-vous avec l'envie de construire une relation éditoriale renouvelée, plus étroite et plus ambitieuse. Moralité : lorsqu'une relation mérite d'être poursuivie, il faut aussi savoir lui laisser la possibilité d'évoluer.
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La suite au prochain épisode…
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En attendant, le titre de mon livre a mûri au soleil… Je choisis de l'intituler (provisoirement) :
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Dites-moi si ce titre vous plaît !
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20 K !
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Merci Instagram, qui m'offre mes plus beaux succès avec les vingt mille followers atteints cet été. Le 20 000e a même reçu mon livre en cadeau.
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Quant à l'extrait n°5 de ma conférence sur la Santé mentale des jeunes d'aujourd'hui, produite le 5 février 2026 à l'Hôtel du Département d'Arras, pour l'association UNIS-CITÉ, il dépasse maintenant les 434 K vues. Merci !
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Pour voir ou revoir cette conférence dans son intégralité, cliquez sur le bouton ci-dessous.
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In extremis !
Cette fois, nous y sommes presque. Mon planning de rentrée est pratiquement complet et il ne me reste que très peu de possibilités pour accueillir en psychanalyse de nouvelles personnes sur des créneaux récurrents.
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Pour autant, tout n'est pas encore figé. Chaque rentrée réserve quelques mouvements. Certaines personnes, très décidées en juin, découvrent finalement que le rythme d'une psychanalyse est trop exigeant pour leur organisation ou leur budget. D'autres reportent leur projet. Il faut généralement quelques semaines pour que l'agenda trouve son équilibre.
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Il reste donc toujours possible de prendre rendez-vous pour une séance préliminaire en cabinet près de Lille (France) ou en téléconsultation. Cette première rencontre permet de découvrir concrètement le travail analytique, de voir s'il vous convient et de décider ensuite si vous souhaitez vous engager. Le démarrage régulier pourra, si nécessaire, être légèrement différé, le temps qu'un créneau se libère.
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Si vous envisagez sérieusement d'entreprendre une psychanalyse à la rentrée, c'est donc maintenant qu'il faut vous manifester. La première séance peut avoir lieu tout de suite. La suite trouvera sa place.
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À toutes les entreprises, CSE, associations, collectivités, etc., consultez mon catalogue d'interventions sous forme de conférences ou de séminaires complets.
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Merci de prendre le temps de réfléchir avec moi. À une époque où tout semble nous pousser à réagir immédiatement, réfléchir est peut-être déjà une manière de prendre soin les uns des autres.
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Je vous souhaite une très belle rentrée.
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Vous pouvez me retrouver sur les réseaux sociaux ;-) !
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Crédits photos : Talha Kugu, Ernest, Léandro Lopes, Sylvie Jonquères.
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Nota Bene : pour des raisons de confidentialité, l'identité des personnes que je cite dans mes Newsletters est systématiquement modifiée.
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Psychanalyste Autrice, essayiste Conférencière et TEDx speaker Coach spécialiste en expressivité/éditorial
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Consultante en recrutement-profilage Enseignante
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Consultations : En face à face, sur le divan ou via Internet
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Sur rendez-vous uniquement. Tél. : 06 80 70 00 57
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