Véronique Salman répond aux questions

Véronique Salman

Psychanalyste, autrice, coach, conférencière et TEDx speaker,
enseignante, consultante en recrutement

Il est certain que la psychanalyse est une discipline peu familière à beaucoup d’entre vous. Elle semble même parfois désuète, vieillotte voire dangereuse par l’impression d’un grand silence qui planerait sur les séances.
Je propose une méthode psychanalytique dépoussiérée, revisitée. Avec une interaction constante, un vrai soutien, une réflexion commune, des échanges. La psychanalyse, je la veux vivante, animée, structurante et, surtout, efficace.
Ensemble, vous et moi, nous pouvons interpréter vos rêves, découvrir en quoi votre situation s’apparente à un fondement théorique connu et, par le fait de l’Alliance thérapeutique. Vous apprendrez de vous comme de tout ce que les illustres psychanalystes nous ont légués en connaissance, expériences et modes de pensée. Vous pourrez ainsi me confier votre histoire, vos souvenirs et vos attentes et nous les étudierons dans le détail.
Nous allons, grâce à une atmosphère de confiance, d’intimité et de sécurité créée dans mon cabinet, leur donner du sens. Nous allons mieux les comprendre, les digérer, les dépasser. Ainsi, à la faveur de la régularité de nos échanges, vous vous sentirez avancer.

Vos questions les plus fréquentes sur la psychanalyse

Comment puis-je savoir s’il est temps d’entreprendre une psychanalyse ?

Quand vos émotions sont trop fortes, votre solitude trop lourde, quand votre peine a besoin de trouver un creuset d’expression, que l’absence de solutions à vos problèmes vous handicape ou que le désir de parler de soi se fait sentir, il est temps de consulter un psychanalyste. Il sera toujours là, capable de tout entendre sans jugement, avec toute sa bienveillance et son talent à lire entre vos lignes. Il sera un fidèle accompagnateur de vos réflexions sur votre vie et votre vécu, votre histoire, votre enfance, vos problèmes. Le psychanalyste est le miroir interactif dont vous n’imaginez pas encore la portée mais dont vous pressentez qu’il sera d’une grande aide. A ce moment-là, vous serez content(e) de trouver votre psychanalyste pour faire ce chemin.

Quelle est la différence entre un psychologue, un psychiatre et un psychanalyste ?

Un psychologue a obtenu un diplôme universitaire, après cinq années d’études supérieures, en faculté de Psychologie. Lui seul a le droit de se dénommer psychothérapeute. Pourtant, il n’est pas obligé d’avoir fait lui-même une psychothérapie (or, pour nous psychanalystes, c’est une obligation morale et déontologique). Le psychologue est compétent pour accueillir les souffrances, faire passer des tests de quotient intellectuel. Il peut évoluer dans le monde du travail, à l’hôpital ou en cabinet. Le psychiatre, lui, est un médecin spécialisé, habilité à prescrire des médicaments, notamment des antidépresseurs. Un petit nombre de psychiatres a été formé à la psychanalyse. Quant au psychanalyste, il a suivi une longue formation et a passé, lui-même, au minimum cinq ans à faire sa propre psychanalyse auprès d’un psychanalyste. Il en a le vécu, l’expérience, en tant que sujet. Son métier n’est pas réglementé mais son éthique l’amène à être supervisé par un ou plusieurs confrères. Ensemble, ils créent des stratégies autour des cas cités, ils s’interrogent aussi sur la posture à adopter, la meilleure réponse, son degré de pertinence. Un psychanalyste propose à ses patients une thérapie analytique, qui va chercher les causes profondes des maux qui lui sont rapportés. Il aborde l’inconscient, au travers des rêves, des comportements, des contextes évoqués. Il aide le patient par l’écoute active qu’il apporte au récit de sa vie.

Est-ce qu’une psychanalyse doit forcément durer des années ?

Quand on rentre en psychanalyse, il est essentiel de comprendre que le cheminement est propre à chacun. J’ai tendance à dire que c’est à partir du moment où les personnes commencent à s’apaiser qu’elles entament vraiment leur psychanalyse car la charge émotionnelle, une fois allégée, laisse place à une réflexion d’une puissance extraordinaire. Et là, tout dépend : soit, le patient s’en va, il va mieux, il a compris suffisamment de choses pour ne plus retomber dans ses difficultés (ou y être conduit) ; soit, il poursuit sa démarche de connaissance de soi. La psychanalyse que je pratique est extrêmement interactive, les échanges sont constants, nourris. Du fait de cette interaction, la cure analytique dure moins longtemps qu’autrefois (de mon temps !) quand il fallait supporter le silence du thérapeute et élaborer par soi-même sa compréhension. Mais de là à dire exactement combien de temps une psychanalyse dure… Cela est en fait du ressort, du désir de chacun.

Est-ce que je dois m’engager à aller jusqu’au bout ? Et comment savoir quand une psychanalyse est finie ?

Tout patient est libre de suivre ou non les recommandations de son thérapeute de persévérer dans sa psychanalyse. Souvent, il est trop tôt pour partir. Une thérapie analytique peut, en fait, cesser quand il est possible de décrire, en peu de mots, pourquoi il a été nécessaire de faire cette démarche, quelles en étaient les causes et ce qui a pu être compris et dépassé. Bref, ce qui a été intégré par le patient de son parcours et la qualité de son mieux-être. Le regard du thérapeute sur son patient est déterminant pour cela. Il s’agit d’arriver à la même (bonne) conclusion, l’un comme l’autre et se féliciter d’être parvenus, ensemble, à tant de prises de consciences libératrices. Arriver à ce stade est inoubliable, c’est un grand moment dans une vie. Comme un triomphe intérieur très personnel. Pour autant, il est possible de continuer toute sa vie à réfléchir à sa condition, sa propre définition et à ses perspectives, au fur et à mesure de grands événements : il est possible de se préparer au décès d’un proche ou de chercher à comprendre ce qui se trame à l’occasion des grandes articulations de la vie, comme la parentalité. La psychanalyse n’est pas une tutelle, elle est un creuset d’expression nécessaire pour donner du sens à ce que la vie nous apporte. Elle ne rend pas l’existence plus belle, elle apporte des clés de décodage inestimables.

Comment se passe une séance de psychanalyse ?

Tout d’abord, parlons de la séance préliminaire. Elle fait suite au rendez-vous pris par téléphone. Qu’il s’agisse d’un rendez-vous en cabinet ou d’une séance en e-thérapie (par Internet), le patient sonne à la porte du thérapeute ou l’appelle par Skype ou FaceTime, WhatsApp, etc., à heure dite précisément. Pourquoi cette exactitude ? Parce qu’une séance représente un créneau horaire spécifiquement détenu un patient particulier comme une location espace-temps. Empiéter sur le créneau du précédent patient ou partir au-delà du temps imparti ne se fait pas. Cette règle permet une fluidité de circulation afin que les patients soient assurés d’être respectés dans leur « territoire » espace-temps. De plus, en présentiel,
cette politesse garantit une confidentialité à chacun puisqu’aucun patient ne se rencontre. Pour cette première fois, en séance dite préliminaire, le patient expose ses sujets de préoccupation. Personnellement, j’apporte déjà quelques éléments de compréhension ou, tout du moins, je m’assure d’avoir bien compris les enjeux de la personne grâce à une reformulation méthodique. Nous faisons ainsi connaissance. Puis, nous décidons si nous poursuivons le travail analytique et thérapeutique ensemble. J’explique alors le cadre dans lequel les séances se dérouleront, leur périodicité, le tarif, les modalités de paiement, les usages, etc. Les séances durent 45 minutes pour les adultes, moins pour les enfants selon leur âge. Enfin, quand tout semble bien s’organiser, c’est comme un contrat que nous passons ensemble, dans un désir commun de travailler à donner du sens à la démarche.

Quant à la façon de s’installer, soit en face à face, soit sur le fameux « divan », c’est selon. Au thérapeute de juger ce qui paraît possible et fertile. Parfois même, il est possible de changer, de passer d’une période fauteuil à une expérience divan et inversement. Le face à face est bien pour se sentir dans le regard de l’Autre, cet Autre étant symboliquement représenté par le thérapeute. Le divan est appréciable car il permet de se sentir libre de produire toute association d’idées, sans que vienne se poser une réaction quelconque du thérapeute, qui pourrait être ressentie comme une entrave. Cette expérience de liberté est très intéressante. Les deux façons de faire m’ont permis d’avancer avec autant de puissance l’une que l’autre.

Qu’appelle-t-on le cadre ?

Le cadre, ce sont les règles d’usage dans la relation entre thérapeute et patient. Ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, la façon dont les modalités de rendez-vous s’organiseront. Il est dit qu’une séance doit être honorée, reportée ou due (sauf pour les vacances). En cas de désistement impromptu, la séance est due, sauf si le psychanalyste peut la reporter, ce qui est rarement possible. N’y voyez pas là une logique mercantile : en payant sa séance, même s’il ne peut en bénéficier, le patient convient qu’il ne se rend pas redevable ou coupable vis-à-vis de son thérapeute. Il prend soin de son thérapeute comme le thérapeute prend soin de lui. Le patient est donc libre de ce qu’il fait de sa séance, même quand il ne vient pas ou qu’il est en retard. Le cadre rend donc libre d’assumer ce qui en est fait, c’est ça qu’il faut comprendre dans cette question autour de l’argent. Cette règle est primordiale, d’abord pour inciter le patient à assumer sa démarche et lui éviter une sorte de négociation intérieure du style « oh, aujourd’hui, je n’ai pas envie d’y aller » ou « je n’ai rien à dire », qui serait en réalité une forme d’auto-sabotage. En psychanalyse, le patient vient à sa séance parce qu’elle s’inscrit dans un processus plus large, plus grand, plus ambitieux. Le rendez-vous doit être sanctuarisé dans l’agenda. Et, il est coutumier de dire qu’une séance commençant par « je n’ai rien à dire de particulier, aujourd’hui » est très souvent l’une des plus fertiles !

Comment savoir si je suis entre de bonnes mains ?

Question de feeling, sans nul doute. Ce que vous devez rechercher, c’est la création d’une alliance thérapeutique entre votre thérapeute et vous-même. Une relation à nulle autre pareille, empreinte de besoins et de désirs de se retrouver pour continuer la discussion, pour l’enrichir ensemble, pour rebondir sur ce qui a été dit précédemment, donner libre cours à ses associations d’idées, parler de soi de la manière la plus personnelle et intime. Et savoir, que ce thérapeute-là reste bon et bienveillant, tel une figure d’attachement fiable, stable et protectrice. Ainsi, il est enfin possible de vivre une relation d’une grande profondeur et instaurer un nouvel esprit dans la relation à l’Autre. Le bon thérapeute est à la fois un confident, un père ou une mère symbolique, un proche, un familier qui vous comprend dans votre façon de vous raconter. Il participe à décrypter vos rêves, vos anecdotes du quotidien. Il saisit une phrase apparemment anodine, en pleine conversation, pour la rendre signifiante. Un bon psychanalyste se reconnaît quand vous vivez avec lui une relation d’une puissance inégalée dans laquelle vous êtes forcément bien car son cabinet vous procure un sentiment de sécurité inédit. Dès lors, plus la peine de se demander combien de temps cela doit durer. « Ça dure ce que ça dure », avons-nous l’habitude de répondre…

A qui s’adresse la psychanalyse ?

La psychanalyse permet à tout le monde de prendre conscience des causes de ses difficultés. Elle s’adresse donc à tous ceux qui souhaitent s’investir pleinement dans la création de leur meilleure version d’eux-mêmes. Ce qu’il faut comprendre dans cette démarche, c’est qu’elle cherche à donner du sens
aux situations, qu’elle décortique les mécanismes relationnels toxiques, qu’elle pointe les dysfonctionnements. Elle incite à réfléchir, à lire entre les lignes, à trouver une logique aux comportements et à revisiter l’histoire. C’est à cet exercice intérieur, parfois émotionnel, parfois intellectuel, parfois les deux, auquel il faut se préparer pour entrer en psychanalyse. Ce n’est pas forcément difficile, c’est une gymnastique qui demande de l’ouverture d’esprit et un profond désir de changer. Les adultes sont davantage prédisposés, pour leurs capacités à réfléchir, à se souvenir de faits importants de leur passé et à parler, mais, avec les enfants, il est tout à fait manifeste que la psychanalyse fait des merveilles. Disons alors que la psychanalyse permet de verbaliser, chacun à son niveau, ses problèmes afin de mieux les comprendre et de les dépasser.

En quoi l'e-thérapie (séance à distance, par Internet) est-elle intéressante ?

L’e-thérapie représente la plus grande innovation méthodologique depuis la création de la psychanalyse. Il fallait oser croire que l’alliance thérapeutique pouvait s’accomplir autrement que dans le contexte du cabinet de consultation ! Le fait est que cela fonctionne très bien car, vous l’avez compris, tout est une question d’alliance thérapeutique. Cette méthode est surtout utile pour rendre la psychanalyse accessible à tous ceux qui, pour des considérations organisationnelles, ne viendraient jamais à la psychanalyse : une jeune maman, avec son nourrisson, peut consulter de chez elle ; un salarié en entreprise peut réserver une salle de réunion pour sanctuariser son rendez-vous avec son psychanalyste ; certains s’isolent dans leur voiture à la pause déjeuner ! Tous les gens qui n’auraient ni le loisir ni le temps de se déplacer pour assister à leurs séances, favorisent l’e-thérapie. Et je pense particulièrement aux Français expatriés de l’étranger qui ont besoin de faire leur thérapie dans leur langue et leur culture d’origine. Pour ma part, cette aptitude à consulter à distance a produit ses bons effets pendant les confinements liés à la crise sanitaire mondiale du COVID-19, débutée e 2020. Pour deux personnes qui n’ont pas souhaité poursuivre leurs séances à distance, des dizaines de personnes ont apprécié cet accompagnement au plus près de leurs angoisses et incertitudes. L’e-thérapie a permis d’assurer la continuité des séances, sans interruption, et d’accueillir des personnes profondément perturbées par les confinements successifs. Elles ont été heureuses de trouver à qui parler, quitte à ce que ce soit par Internet.

La psychanalyse est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Non et je ne pense pas connaître cela de mon vivant. La psychanalyse est une profession non règlementée. Certaines mutuelles remboursent désormais un petit nombre de séances mais cette aide ne peut être prise en compte au regard de l’investissement que représente, en termes de temps, d’énergie et d’argent, une démarche psychanalytique. Il faut y voir une dimension de construction de soi et, qu’en bons bâtisseurs, vous puissiez voir votre édifice se hisser et se consolider. Tel est l’enjeu, tel est le résultat à en attendre. N’allez pas faire intervenir l’État dans votre désir de vous faire avancer. Ce désir n’appartient qu’à vous !

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